La Völuspa
17/01/2010
La prédiction de la prophétesse (Völuspa)
Un poème de l’Edda avec commentaires
Ce poème décrit la création et la ruine du monde. Par conséquent, il présente de nombreux mythes et concepts importants des civilisations nordiques et germaniques.
Le but avoué de cette présentation est d’attirer des personnes “de bonne volonté” à la tradition nordique. Il est écrit pour les débutants, et non pour des spécialistes malgré les détails qu’il fournit. Cependant, il est vrai que la première version de cette présentation de la Völuspa m’a attiré les critiques de plusieurs spécialistes. J’ai inclus ces critiques dans la présente version qui prend, grâce à eux, une valeur bibliographique de référence, en particulier les traductions mot-à-mot sont maintenant vérifiées par un expert, Haukur Thorgeirsson, et pour la strophe 55′ par Eysteinn Bjornsson.
Dans ce qui suit, aucun nom ou concept nordiques n’apparaîtront sans explication. Une fois expliqués, j’utiliserai quelques-uns de ces noms comme s’ils étaient bien connus. Si vous hésitez sur un nom, regardez un peu au-dessus, vous trouverez une explication sur sa signification dans la tradition nordique.
Quand on traite des poèmes Eddiques, on doit se souvenir qu’ils sont connus par un nombre remarquablement rare de manuscrits qui cependant présentent des versions différentes. J’utiliserai ici comme référence le Codex Regius, dans la version publiée par Hans Kuhn, Carl Winter, Heidelberg 1962. Kuhn présente un grand nombre de variations qui se trouvent dans les manuscrits divers, mais je ne donnerai pas ces détails. Cette édition du Codex Regius utilise rarement les lettres “k” et “j” par opposition à beaucoup de versions modernes qui peuvent être trouvées sur la toile. Ces versions de la toile sont très utiles, mais ils sont visiblement obtenues avec un scanner et ils contiennent de nombreuses petites erreurs, par exemple des virgules oubliées, un p à la place d’un f, etc. qui ont été corrigées dans la version je donne ci-dessous. Pour des raisons de la commodité, je garderai cependant la forme ö, utilisée pour représenter la lettre nordique moins commune (qui s’écrit “o cédille”) qui est utilisée dans l’édition de Kuhn.
Une fois qu’un manuscrit est choisi, le Vieux Norois reste délicat à traduire. Je ne suis pas spécialiste de cette langue (bien que je sois assez capable de consulter un dictionnaire – j’ai utilisé le dictionnaire étymologique de De Vries, et le “Kurzes Wörterbuch” que Kuhn a ajouté à son édition du Codex Regius), et “ma” traduction ici est ce que j’ai réuni de traductions anglaises (Auden & Taylor), françaises (Boyer), et allemandes (Genzmer). De nombreuses explications viennent de deux autres sources: La traduction française de Dillmann de l’Edda en prose de Snorri Sturluson, et de l’édition de Faulkes en Vieux Norois du Prologue et Gylfaginning, de l’Edda en prose Snorri Sturluson, tous deux richement documentés.
Une prophétesse était appelée une völva. Elle pratiquait une sorte de chamanisme qui ressemble beaucoup à celui des Indiens d’Amérique du Nord, qui est devenu si populaire depuis quelques années. Ce genre de chamanisme nordique est appelé le seidr.
Malgré le petit nombre de témoignages nous avons, nous savons que la völva pratique le seidr à l’extérieur, sur une sorte de plate-forme en bois, entourée de tous ses clients, et elle a besoin qu’on chante pour elle un chant spécial. Il existe aussi une forme solitaire de pratique, appelée “utiseta” (assis à l’extérieur) à laquelle la Völuspa semble faire allusion.
Il semble que le seidr ait été pratiqué essentiellement par les femmes puisqu’il est dit que la pratique du seidr à la perfection rend des hommes impuissants (impuissant peut aussi être compris comme: homosexuel passif).
Ainsi, ce qui a dû être anciennement une activité du pouvoir hautement respectée, puisqu’elle était réservée aux femmes ou aux hommes efféminés (ou encore, selon mon interprétation personnelle: au côté féminin des hommes – et des femmes!), a été progressivement méprisé, et elle apparaît comme une insulte dans de nombreux textes et inscriptions runiques.
Óðinn (souvent écrit: Odin, ou Odhin, ou Odhinn) est le principal des Dieux nordiques, les Ases. Il existait aussi un autre genre de Dieux, les Vanes qui paraissent plus ancien, mais ils se réconcilieront avec les Ases, après une guerre évoquée ci-dessous en 21-26.
| Vieux Norois: le Codex Regius | Traduction française inspirée principalement par Auden & Taylor (version anglaise), Boyer (version française), and Genzmer (version allemande) | Commentaires et explications personnels ou venant de Boyer, Dillmann ou Faulkes ou Genzmer ou De Vries. |
| 1. Hlióðs bið ec allar kindir (Calme je demande à tous) meiri oc minni, (plus hauts plus petits) mögo Heimdalar; (fils de Heimdall) vildo at ec, Valföðr, vel fyrtelia forn spiöll fira, þau er fremst um man. |
1. Silence je demande de tous, les grands et les humbles, Silence, parents de Heimdall: Selon ta volonté, Valföðr, je raconterai Les chants des hommes, les plus anciens dont je me souviens. |
1. Les deux premiers deux vers sont la formule rituelle avec laquelle on demandait le silence au commencement de la réunion générale islandaise, appelée un “Thing”.
Un autre poème eddique, la Rigsþula, dit aussi que les diverses sortes d’êtres humains sont les fils de Heimdall (appelé Rig dans ce poème). Valföðr = Des tués le père = Óðinn. |
| 2. Ec man iötna ár um borna, þá er forðom mic fœdda höfðo; nío man ec heima, nío íviði, miötvið mœran fyr mold neðan. |
2. Je me rappelle des géants de ces temps primordiaux, Eux qui m’ont donné naissance autrefois: Neuf mondes je peux compter, neuf énormes étendues, Et le glorieux arbre du monde, encore profondément sous terre |
2. La völva dit qu’elle est issue des géants. Cela revient à prétendre qu’elle les connaît bien et qu’elle a une connaissance intime du passé puisque les géants sont considérés comme les premiers habitants du monde.
Ce monde est si ancien que l’arbre du monde, nommé Yggdrasil (cf. 19.), n’a pas encore poussé. |
| 3.Ár var alda, (L’année était intervalle-de-temps) þar er Ymir bygði, (there Ymir settlements) vara sandr né sær né svalar unnir, iörð fannz æva né upphiminn, gap var ginnunga enn gras hvergi. |
3. C’était des temps anciens, Ymir était établi là, Ni sable ni mer, ni vagues froides. Pas de terre, ni ciel au-dessus, Mais un large gouffre, et nulle herbe. |
3. Une vache magique, Auðumla, a léché la glace qui entourait le géant, Ymir, qui est le premier de tous les géants.
“gap var ginnunga” peut aussi être traduit par “le vide était ouvert”. |
| 4. Áðr Burs synir biöðum um ypþo, þeir er miðgarð mœran scópo; sól scein sunnan á salar steina, þá var grund gróin grœnom lauki. |
4. (traduction mot à mot, mots dans le même ordre que le Vieux Norois) D’abord les fils de Burr ont haussé les terres créé Midgard, magnifiquement formée; le soleil a brillé du Sud sur la salle en pierre, alors étaient du sol poussés (avec) de verts poireaux. |
4. Burr est le père d’Óðinn. L’Edda en prose de Snorri rapporte qu’Auðumla, la vache primitive, après avoir léché la glace entourant le géant Ymir, a léché celle contenant aussi le premier homme, Burr.
Midgard est la demeure des êtres humains, notre monde. Le “grœnom lauki” du texte, auquel est resté assez semblable le “green leeks” de l’anglais moderne, désigne la première de toutes les herbes. Ainsi, le poireau présente dans la mythologie nordique une importance mystique dont il est difficile de rendre compte dans le monde moderne. |
| 5. Sól varp sunnan sinni mána, hendi inni hœgri um himiniöður; sól þat né vissi hvar hón sali átti, stiörnor þat ne visso hvar þær staði átto, máni þat né vissi hvat hann megins átti. |
5. Le soleil vint du sud, sœur de la Lune, Son bras droit reposant au bord du ciel; Elle ne savait où se trouvait sa demeure, La Lune ne connaissait pas son pouvoir, Les étoiles ne connaissaient pas leur place. |
5. On se souvient que le soleil est féminin en Vieux Norois, comme en allemand moderne, alors que la lune est un masculin. |
| 6. Þá gengo regin öll á röcstóla, ginnheilög goð, oc um þat gættuz: nótt oc niðium nöfn um gáfo, morgin héto oc miðian dag, undorn og aptan, árom at telia. |
6. Les dieux ont assemblé un conseil Dans leur salle de jugement, divinités suprêmes; À Nuit et à Lune croissante ont donné leurs noms, Ils ont nommé Matin et Midi, Aube et Crépuscule, pour l’établissement du temps. |
6. “röcstóla”, “les sièges de röc”, sont les sièges du jugement. Ce mot sera encore rencontré dans les strophes 9, 23 et 25, toujours avec la signification d’une place où une sage décision est prise. D’où ma traduction non classique de “ragna röc” plus loin dans la strophe 44.
“regin” est un mot pluriel signifiant “les dieux”, avec le sens original de “les conseillers”. |
| 7. Hittuz æsir á Iðavelli, þeir er hörg oc hof há timbroðo; afla lögðo, auð smíðoðo, tangir scópo, oc tól gorðo. |
7. Les Ases se réunirent à Iðavöllr, Ils élevèrent sanctuaire et ferme, Etablirent une forge à forger les bijoux, Ils façonnèrent des pinces et forgèrent des outils. |
7. Iðavelli est le locatif d’Iðavöllr. C’est une allusion à une plaine toujours verte où les Dieux ont vécu avant le monde ne soit structuré.
“hörg oc hof” est souvent traduit par “autel et temple” ce qui est en effet possible. Vu la forge que les Dieux vont construire au vers suivant, je préfère garder la signification tout aussi possible de “hof” comme “ferme”, un sens encore valide en allemand. Völlr = vallée; Ið ?=? “se répétant”, c.-à-d., se renouvelant toujours. Remarque: Quand le sens d’un nom n’est pas certain, je l’écrirai avec ?=? . |
| 8. Teflðo í túni, teitir vóro, var þeim vættergis vant ór gulli, unz þriár qvómo (jusqu’à ce que trois viennent) þursa meyiar (géantes jeunes filles) ámátcar miöc (force-géante beaucoup) ór iötunheimom. (de Jotun-demeure) |
8. Ils jouaient au “tafl” dans le bosquet, ils étaient gais; Ils ne manquaient pas d’or Jusqu’à ce que trois arrivent, Géantes jeunes filles, Pleines de force, De la demeure des Géants. |
8. Le tafl est un jeu semblable au jeu de dames. Pour connaître les règles de ce jeu, consulter http://www.irminsul.org/arc/002sg.html ou http://www.realtime.com/~gunnora/games.htm On pense habituellement que ces trois jeunes filles géantes, “þursa meyiar”, venant du pays des géants, “iötunheimr”, sont les trois Nornes. La fin de la strophe paraît dire que les Dieux ont été joyeux et gais jusqu’à (!) l’arrivée des Nornes. Comme nous verrons, elles sont maîtresses du destin des êtres humains et des Dieux. |
| 9. Þá gengo regin öll (alors s’asseyent dieux tous) á röcstóla, (sur jugement-tabourets) ginnheilog goð, (“ginn-”saints dieux) oc um þat gættuz, hverr scyldi dverga dróttin scepia ór Brimis blóði oc ór Bláins leggiom. |
9. Les hauts Dieux ont assemblé leur conseil. Dans leur salle de jugement; Que devaient façonner les nains A partir du sang de Brimir et des membres de Blain? |
9. Brimir et Bláinn sont deux autres noms donnés au Géant primitif, Ymir, qui a été tué par “les fils de Burr” (donc, en particulier par Óðinn), et dont le corps a été utilisé pour créer le monde.
La strophe 10 nous dira que les nains façonneront des formes humaines à partir de ces ingrédients. Cela résout l’ambiguïté du v. 7de la s. 10: les formes humaines sont faites d’élément terrestres. Noter que le mythe de la création des humains à partir des éléments de le terre est “typiquement” indo-européen. Dans “ginnheilog” ce qu’exactement veut dire “ginn” est inconnu. Ce mot ne s’applique qu’aux dieux. |
| 10. Þar Mótsognir mæztr um orðinn dverga allra en Durinn annarr; þeir manlícon (ils humaines-formes) mörg um gorðo, (beaucoup (um) firent) dvergar, ór iörðo, (nains, de la terre,) sem Durinn sagði. (comme Durinn dit) |
10. Mótsognir devint le plus grand des nains, et Durinn après lui; Les nains ont fait comme Durinn l’indiqua, de terre, Un grand nombre de formes humaines. |
10. Mótsognir, ou Móðsognir ?=? Fatigué ou Voleur d’énergie.
Durinn ?=? Somnolant ou Gardien de l’entrée. Au contraire de ce que de nombreux commentateurs soutiennent, la völva dit ici que les êtres humains ont été façonnés par les nains. Comme nous verrons en 17, trois Dieux leur donneront leur vraie humanité. |
| 11. Nýi oc Niði, Norðri oc Suðri, Austri oc Vestri, Alþiófr, Dvalinn, Bívorr, Bávorr, Bömburr, Nóri, Án oc Ánarr, Ái, Miöðvitnir. |
11. Nýi et Niði, Norðri et Suðri, Austr et Vestri, Alþiófr, Dvalinn, Bívörr, Bávörr, Bömburr, Nóri, Án et Ánarr, Ái, Miöðvitnir. |
11. Nýi = Nouvelle Lune, Niði = Nuit sans lune, Nordri = Nord, Sudri = Sud, Austri = Ouest, Vestri = Est, Dvalinn = Engourdi, Nár = Cadavre, Dáinn = Mourant, Bömburr ?=? Rêche, Nóri ?=? Porteur d’inquiétude, Ánarr ?=? Montagne, Ái = Ancêtre, Miöðvitnir = Loup de l’hydromel. |
| 12. Veigr oc Gandálfr, Vindálfr, Þráinn, Þeccr oc Þorinn, Þrór, Vitr oc Litr, Nár oc Nýráðr - nú hefi ec dverga - Reginn oc Ráðsviðr - rétt um talða. |
12. Veigr et Gandálfr, Vindálfr, Þráinn, Þekkr et Þorinn (ou Þroinn), Þrór, Vitr et Litr, Nár et Nýráðr - Voici les nains - Reginn et Ráðsviðr - Correctement comptés. |
12. Veigr = Cheval, Gandálfr ?=? Elfe de sorcellerie, Vindálfr ?=? Elfe du Vent, Þráinn ?=? Désir brûlant, Þekkr = Bien-aimé, Þorinn ?=? Courageux, Vitr = Sage, Litr = Teinte, Nár = Nouveau, Nýráðr = Nouveau conseiller, Ráðsviðr = De sage conseil. |
| 13. Fíli, Kíli, Fundinn, Náli, Hepti, Víli, Hanarr, Svíurr, Frár, Hornbori, Frægr oc Lóni, Aurvangr, Iari, Eikinscjaldi. |
13. Fíli, Kíli, Fundinn, Náli, Hepti, Víli, Hanarr, Svíorr, Frár, Hornbori, Frægr et Lóni, Aurvangr, Iari, Eikinskjaldi. |
13. Fíli ?=? Liste, Kíli ?=? Bras-de-Mer, Fundinn = Trouvé, Hepti ?=? Poignée, Víli ?=? Vouloir, Hanarr = Artiste avec ses mains, Frár = Rapide, Hornbori = Cor percé, Frægr = Célèbre, Lóni ?=? Brillant, Aurvangr = Vallée du gravier, Eikinskjaldi = Bouclier de chêne. Ici Reginn est évidemment un nom, qui veut dire “les dieux”, comme le mot regin. |
| 14. Mál er dverga í Dvalins liði lióna kindom til Lofars telia, þeir er sótto frá salar steini Aurvanga siöt til Iörovalla. |
14. Humains, apprenez la lignée de Dvalin Qui remonte au temps de Lofar, Ils allèrent à Iörovellir et Aurvangar, Laissant leurs habitations sous la pierre. |
14. Iörovalla = Vallée de la bataille |
| 15. Þar var Draupnir oc Dólgþrasir, Hár, Haugspori, Hlévangr, Glói, Scirvir, Virvir, Scáfiðr, Ái, |
15. Il y avait Draupnir et Dólgþrasir, Hár, Haugspori, Hlévangr, Glói, Skirvir, Virvir, Skáfiðr, Ái, |
15. Draupnir = Coulant goutte à goutte, Dólgþrasir = Ivre de bataille, Hár = Haut, Haugspori ?=? Entrant dans la tombe |
| 16. Álfr oc Yngvi Eikinscialdi, Fialarr oc Frosti, Finnr oc Ginnarr; þat mun uppi, meðan öld lifir, langniðia tal Lofars hafat. |
16. Álfr et Yngvi Eikinskjaldi, Fialarr et Frosti, Finnr et Ginnarr; Aussi longtemps que les hommes se souviendront, La lignée remontera à Lofarr. |
16. Álfr = nom des elfes, Yngvi = Roi (le dieu Freyr est souvent nommé Ingvi Freyr), Eikinskjaldi = Bouclier de chêne, Fialarr ?=? Se cachant, Finnr = Chasseur ou Saami? (en Français, on appelle encore souvent les Saami des Lapons), Ginnarr = Séducteur. |
| 17. Unz þrír qvómo ór því liði öflgir oc ástgir, æsir,at húsi, fundo á landi lítt megandi Asc oc Emblo ørlöglausa. |
17. Jusqu’à ce que trois quittèrent le groupe,µ Puissants, aimants, Ases de la demeure des Dieux, Ils ont trouvé Frêne et Orme sur terre, Sans forces, sans destinée. |
17. Askr = frêne, et Embla ?=? orme, ? ou peut-être sarment. Snorri, dans l’Edda en prose, prétend que les êtres humains ont été faits à partir de troncs d’arbres. Cependant, la Völuspa dit clairement dans la strophe 10 que les formes humaines ont été faites par nains (sans doute avec de la terre), et elle dit maintenant que ces formes n’avaient ni ørlög, ni force, et non qu’ils étaient des troncs d’arbre. Il semble que Snorri ait simplifié le mythe dans ce cas. Leurs noms peuvent aussi évoquer qu’ils vivaient, mais n’avaient guère plus de vie qu’un arbre, sans qu’ils aient été faits avec du bois.
“ørlöglausa” c.-à-d., sans ørlög où ørlög exprime le destin, le sort. La strophe 20 ci-dessous dira que les Nornes organisent l’ørlög des humains. |
| 18. Önd þau né átto, óð þau né höfðo, lá né læti né lito góða; önd gaf Óðinn, óð gaf Hœnir, lá gaf Lóðurr oc lito góða. |
18. Ils n’avaient ni souffle, ni sens, ni sang, Ni son, ni couleur de vie: Óðinn leur donna le souffle, Haenir les sens, Lothur donna sang et couleur de vie. |
18. Le mot “önd” est traduit “souffle” par Auden & Taylor, “esprit” par Boyer, “âme” par Genzmer. La signification originelle de “önd” est souffle, et il a pris le sens d’âme dans les textes chrétiens, plutôt tardivement. |
| 19. Asc veit ec standa,
heitir Yggdrasill, |
|
19. Dans de nombreuses civilisations, le monde est vu comme construit autour d’un arbre, l’arbre du monde. Cet arbre est appelé, dans la tradition nordique, Yggdrasil = le cheval de Yggr, et Yggr est un des nombreux noms d’Óðinn. Il peut aussi vouloir dire Cheval d’effroi = potence.
Boyer traduit “hvítaauri” par “remous blancs” avec une note en bas de page disant que ce pourrait bien être “boue blanche”. Genzmer parle de “humidité blanche”. Dans la citation de cette strophe donnée par Snorri, Dillmann traduit par “boue blanche”. En effet, “hvítaauri” vient de hvíta = blanc, et “aurr” = boue. La source d’Urdhr est la demeure des Nornes Il est souvent dit ce frêne est un if pour trois raisons. Premièrement, ce frêne est décrit comme un arbre à feuilles persistantes. Deuxièmement, l’Edda en prose dit que quatre cerf mangent ses aiguilles. Troisièmement, Adam de Brème décrit un if géant qui a été adoré dans le Vieil Uppsal. Remarquez cependant que le Vieux Norois pour “if” est “ýr” et il aurait pu être utilisé ici. |
| 20. Þaðan koma meyiar, margs vitandi, þriár, ór þeim sal (sæ) er und þolli stendr; Urð héto eina, aðra Verðandi, - scáro á scíði - Sculd ena þriðio; þær lög lögðo, þær líf kuro alda börnom, ørlög seggia. |
20. De là viennent les jeunes filles Beaucoup ‘connaissantes’ Trois d’elles la demeure [ou ‘hors de la mer qui’] s’élève [ou se tient] sous l’arbre ; Urdh s’appelle l’une, l’autre Verdhandi, - – elles entaillaient sur le bois - Skuld est la troisième. elles établissaient les lois elles choisissaient les vies aux fils des temps elles énoncent le destin. |
20. Les “Urð” signifie “devenu”, “Skuld” veut dire “ce qui doit être”, “Verðandi” veut dire”devenant”.
C’est pourquoi on suppose qu’elles représentent respectivement le passé, le futur, et le présent, ce qui permet de les associer à des concepts modernes, plus compréhensibles pour nous, mais qui modifient le sens des noms données au Nornes. Elles décident du “ørlög” des humains comme dit le dernier vers. Les bûches ou les bâtons qu’elles ont gravés sont interprétés habituellement comme des morceaux de bois sur lesquels elles ont gravé des runes. Un autre poème dit explicitement que les runes ont été créées par les “Puissances divines”. En considérant ces deux informations ensemble, on peut émettre l’hypothèse que les Nornes décidaient du destin des hommes et des Dieux au moyen de runes (du moins est-ce ainsi que je l’imagine!). |
| 21. Þat man hón fólcvíg fyrst í heimi, er Gullveigo geirom studdo oc í höll Hárs hána brendo; þrysvar brendo, þrysvar borna, opt, ósialdan; þó hón enn lifir. |
21. Elle se souvient bien De la première guerre dans le monde, Quand Gullveig était fichée à la pointe des lances Et dans la demeure Hár, elle fut brûlée. Trois fois brûlée, trois fois née à nouveau, Bien elle-même, elle vit toujours. |
21. “Elle” est ici la völva qui parle certainement d’elle-même de cette façon.
Gullveig veut dire “Pouvoir de l’or”. Elle est la cause de la guerre entre les Ases et les Vanes. Elle est de la race des Vanes, et elle rend visite aux Ases. Ces derniers la brûlent trois fois, mais elle est trois fois née à nouveau. La guerre commence à cause de ces mauvais traitements infligés à Gullveig. |
| 22. Heiði hana héto, hvars er til húsa kom, völo velspá, (völva bien-prophétisante) vitti hon ganda; (habile elle baguette-magique) seið hon, hvars hon kunni, (seidr elle, qui toujours elle connaît) seið hon hug leikinn, (seidr elle signification était habile) æ var hón angan (toujours était elle délice) illrar brúðar. (des mauvaises fiancées) |
22. Ils l’appellent Heidr quand elle visite leurs maisons, Une völva aux bonnes prophéties, sage en charmes. Façonneuse d’incantations, connaisseuse en magie. Par les mauvaises femmes toujours bien accueillie. |
22. Je suppose que la völva parle encore d’elle-même: Heidr veut dire “Brillante” ce qui peut évoquer Freya mais Genzmer signale que Heidr est un nom classique des völva. (note de traduction: les traducteurs gardent habituellement la forme “Heidi” mais un Islandais m’a fait remarquer que Heidi est l’accusatif de Heidr).
Pratiquer le “spá” est le travail du devineresses, cela revient à ce qu’on appelle “voyager” dans le chamanisme moderne. Le mot veut dire “prophétiser”. Il est évidemment surprenant qu’elle dise d’elle-même qu’elle est toujours bien accueillie par les mauvaises femmes, je m’attendrais plutôt à ce qu’elle déclare qu’elle est toujours bien accueillie par les femmes instruites (les “sages-femmes”). En pensant à l’origine du mot anglais “witch” qui vient de “wise” = sage, on peut imaginer que le texte original a subi une christianisation, et que la version première du poème disait que Heidr est toujours bien accueillie par les sages femmes. |
| 23. Þá gengo regin öll á röcstóla, ginnheilög goð, oc um þat gættuz, hvárt scyldo æsir afráð gialda eða scyldo goðin öll gildi eiga. |
23. Les dieux se rendirent en leur salle de jugement, S’assirent en conseil pour décider si Les Ases paieraient tribut Ou tous les Dieux devraient recevoir une offrande. |
23. Les Ases discutent eux pour décider s’ils accepteront pour payer un tribut pour leur mauvaise conduite vers Gullveig.
Payer un tribut (appelé wergeld) pour effacer une querelle est une procédure habituelle dans le monde nordique ancien. |
| 24. Fleygði Óðinn oc í fólc um scaut, þat var enn fólcvíg fyrst í heimi; brotinn var borðveggr borgar ása, knátto vanir vígspá völlo sporna. |
24. Óðinn a lancé sa lance à l’armée, Dans la première bataille du monde; Brisée fut l’enceinte De la forteresse des dieux, Champ libre laissé aux Vanes vainqueurs, Rompu le rempart De la forteresse des Dieux. |
24. Cet acte annonce le début de la bataille. Il est attesté par une saga qui décrit un guerrier qui lance sa lance au-dessus du premier rang de ses ennemis ce qui annonce le début de la bataille.
Les Vanes a gagné la guerre, comme le disent les derniers quatre vers, et ceci est confirmé par l’Edda en prose de Snorri. |
| 25. Þá gengo regin öll á röcstóla, ginnheilog goð, oc um þat gættuz, hverir hefði lopt alt lævi blandit eða ætt iötuns Óðs mey gefna. |
25. Les dieux se rendirent en leur salle de jugement, S’assirent en conseil pour découvrir qui Empuanti l’air de pourriture Et offert la femme d’Óðr aux géants. |
25. La femme d’Óðr est Freya.
Aucuns détail sur cette guerre n’est connu par ailleurs. Il donc difficile de comprendre à quels mythes les s. 25 et 26 se rapportent. Il existe un mythe selon lequel les Ases ont promis Freya à un Géant s’il construisait en moins de trois jours un mur protégeant la demeure des Dieux, Asgard. Il est possible que cet épisode ait eu lieu pendant la guerre contre les Vanes (pure hypothèse de ma part). |
| 26. Þórr einn þar vá, þrunginn móði hann sialdan sitr er hann slíct um fregn; á genguz eiðar, orð oc sœri, mál öl meginlig, er á meðal fóro. |
26. Seul Þórr se battit, gonflé de colère, - Il reste rarement tranquille quand il entend de telles choses - Oubliées les promesses, brisés serments et vœux, Solennels accords entre eux jurés. |
26. Þórr la façon d’écrire Thor en Vieux Norois. Il est connu pour lutter contre les Géants avec son marteau, et non pas pour être le seul à combattre les Vanes. Ces vers sont donc la seule allusion que nous ayons sur ce sujet.Þórr était plus connu des gens simples que ne l’était son père Óðinn et, encore de nos jours, les bandes dessinées montrent une jeune brute blonde nommé Thor. Son rôle est beaucoup plus complexe que cela dans les mythes nordiques. Par exemple, son marteau est aussi un outil sacré qui consacre ce qu’il touche, y compris les jeunes mariées. De même, dans une mythologie parallèle, l’équivalent Lituanien de Þórr, Perkunas, peut jeter des pierres qui tuent, mais ses pierres sont aussi utilisées pour guérir. |
| 27. Veit hón Heimdalar hlióð um fólgit undir heiðvönom helgom baðmi; á sér hón ausaz aurgom forsi af veði Valföðrs - vitoð ér enn, eða hvat? |
27. Elle connaît aussi Heimdal et son cor, Caché sous l’arbre sacré Habitué au ciel clair; Il est éclaboussé par la cascade boueuse De la promesse de Valföðr. Désirez-vous en savoir plus? |
27. Boyer traduit “aurgom” par cascade boueuse, Genzmer par “humidité tombante”.
En comparant à 19, il semble que cette strophe parle encore de la boue blanche qui couronne Yggdrasil. La corne de Heimdall est cachée dans le puits d’Urdr. La loi de la gravitation n’est guère pertinente ici, et il n’est pas impossible que du puits d’Urdr (situé au pied d’Yggdrasil) saute une cascade boueuse qui arrose l’arbre. |
| 28. Ein sat hon úti, þá er inn aldni kom, Yggiungr ása,oc í augo leit: ‘Hvers fregnit mic, Hví freistið mín? alt veit ec, Óðinn, Hvar þú auga falt: í inom mæra Mímis brunni.’ Dreccr miöð Mímir. Morgin hverian af veði Valföðrs - Vitoð ér enn, eða hvat? |
28. Dehors elle était assise seule quand tu es venu, Terreur des dieux, et que tu as fixé ses yeux. Que me demandes-tu? Pourquoi persifler? Óðinn, je sais où ton œil est caché, Caché dans le puits de Mimir. Chaque matin, Mimir boit l’hydromel Dans la promesse de Valföðr. Désirez-vous en savoir plus? |
28. “Elle” désigne la völva (Auden & Taylor traduisent directement par “je”).
Une façon de pratiquer le seidr est appelée “utiseta” c.-à-d., “s’asseoir dehors”. La völva dit certainement qu’elle pratiquait cette forme de seidr quand Óðinn est allé la voir. C’est une pratique solitaire, par opposition à la pratique publique effectuée sur une plate-forme en bois. |
| 29. Valdi henni Herföðr hringa oc men, fécc spjöll spaclig og spáganda, sá hon vítt oc um vítt of verold hveria. |
29. Anneaux de bras et colliers, Óðinn lui donna Pour acquérir son savoir, Connaître sa magie, De plus en plus étendue est sa vie Dans tous les mondes. |
29. La völva se présente comme un symbole de toutes les grandes magiciennes du passé. |
| 30. Sá hon valkyrior, vítt um komnar, gorvar at ríða til Goðþióðar; Sculd helt scildi, Enn Scögul önnor, Gunnr, Hildr, Göndul oc Geirscögul; nú ero talðar nönnor Herians, gorvar at ríða grund, valkyrior. |
30. Elle a vu les valkyries, arrivant du lointain, Désireuses de chevaucher vers les Goths [ou les Dieux]; Skuld portait le bouclier, Skogul (en portait) un autre, Gunn, Hild, Gondul et Geirskögul: Dûment, elle a nommé les servantes du Seigneur des Armées, Vaillantes cavalières, les Valkyries. |
30. Valkyrie = “Les tués qui-choisit”. Je n’utilise pas l’orthographe des dictionnaires (“walkyrie”) complètement absurde et en plus obsolète maintenant que le “w” a tendance à se prononcer “oua” comme en Anglais.
“godthjod” est traduit normalement par “le peuple des Goths”. Dans ce contexte, cependant, ce pourrait être plus habile de comprendre qu’on parle des Dieux (vus comme un peuple). Skuld a déjà été appelée une Norne, et ici elle est un Valkyrie. Saxo Grammaticus décrit aussi des jeunes filles divines qui sont des Nornes-Valkyries. Gunnr = Bataille, Hildr = Combat, Göndul = “Celle qui manie le gandr”, et le gandr est une sorte de baguette magique, Geirskögul = “kögul” de la lance. Skuld “porte le bouclier”comme le faisaient des jeunes filles germaines sur le champ de bataille, c.-à-d., qu’elles tenaient le bouclier du guerrier auquel elles étaient associées. C’est une erreur de croire que Skogul porte un autre bouclier (comme par exemple Auden & Taylor le font): Skogul est une autre Valkyrie. |
| 31. Ec sá Baldri, blóðgum tívor, Óðins barni, ørlög fólgin; stóð um vaxinn völlom hærri miór oc mioc fagr mistilteinn. |
31. J’ai vu Baldr, le Dieu ensanglanté, le fils d’Óðin, Son destin encore au repos; Grande, élevée au-dessus de la plaine, une plante grandissait, Merveilleusement mince, le gui. |
31. Baldr est tué par une flèche faite de bois de gui. |
| 32. Varð af þeim meiði, er mær sýndiz, harmflaug hættlig, Höðr nam scióta. Baldurs bróðir var of borinn snemma, sá nam, Óðins sonr, einnættr vega. |
32. De ce buisson, aussi mince fut-il, vint, lancé par Hödr, Le trait fatal qui a abattu le dieu; Le frère de Baldr est bientôt né, Bien qu’âgé d’une seule nuit, Il a tué, le fils d’Óðinn. |
32. Baldr, Hödr, et Vali sont tous des fils d’Óðinn. Hödr est aveugle et tue Baldr poussé par la sournoiserie de Loki. Vali qui est âgé d’une nuit vengera Baldr en tuant Hödr. Dans cette civilisation, l’assassin factuel est aussi coupable que l’instigateur du crime, Loki.
Ici, Vali est appelé “frère de Baldr” et “fils d’Óðinn”. Comme vous le constatez, j’accepte la version de Snorri qui dit que Hödr a été poussé par la ruse de Loki à tuer Baldr, donc que Loki est également coupable. Certains refusent cette version, mais cela rend la strophe 34 ci-dessous presque incompréhensible. Pour une plus longue discussion, consultez mon résumé du Loki de Dumézil sur ce site ou, encore mieux, lisez ce livre. |
| 33. Þó hann æva hendr né höfuð kembdi, áðr á bál um bar Baldrs andscota; Enn Frigg um grét í Fensölum vá Valhallar - Vitoð ér enn, eða hvat? |
33. Il ne s’est pas lavé les cheveux, ni peigné, Tant que celui qui a tiré sur Baldr n’a pas été porté au feu; Mais Frigg pleurait dans Fensalir Le malheur de Valhöll. Désirez-vous en savoir plus? |
33. Je ne comprends pas qui est “Il”.
Valhöll = “Des tués la demeure”, est le fameux Valhalla, où se retrouvent les guerriers morts au combat. Le malheur de Valhöll est la mort de Baldr. Frigg est la mère de Baldr, et elle pleure la mort de son fils. Fensalir = “des marais la salle”, est le nom de la demeure de Frigg. À cause de ce nom, certains supposent qu’elle a été associée avec un rite de noyade. |
| 34. Þá kná Vála vígbönd snúa, heldr vóro harðgerhöpt, ór þörmom. |
34. Vali savait comment tresser des chaînes, Fortes et rêches étaient Les liens faits de boyau tendu. |
34.Loki sera puni de son crime en étant enchaîné avec les liens faits des intestins de son fils. |
| 35. Hapt sá hon liggia undir hvera lundi, lægiarns líki Loca áþeccian; þar sitr Sigyn, þeygi um sínom ver velglýiuð - Vitoð ér enn, eða hvat? |
35. J’en vois un attaché dans le bosquet près des sources bouillonnantes; Une forme à l’air rusé, il ressemble à Loki; Là Sigyn est assise au près de son mari, Bien qu’elle ne se réjouisse pas de ce qui lui arrive. Désirez-vous en savoir plus? |
35. hveralundr = le bosquet des sources bouillantes. Ce peut être aussi un nom.
Un serpent crache son venin au-dessus du visage de Loki. Sigyn, sa femme, le protège en recueillant le venin dans un pot avant qu’il n’atteigne Loki. Le moins que l’on puisse dire est qu’en effet l’ørlög de Sygin n’est guère enviable! |
| 36. Á fellr austan um eiturdala, söxom oc sverðom: Slíðr heitir sú. |
36. De l’Est à travers Vallée du Venin, Coule Slid, un flot d’épées et de saxes. |
36. Slid = Danger.
Une saxe est une épée courte très utilisée au temps des Viking. |
| 37. Stóð fyr norðan,µ á Niðavöllom salr úr gulli Sindra ættar; Enn annar stóð Á Ókólni biórsalr iötuns, enn sá Brimir heitir. |
37. Au Nord, dans Nidavellir, se trouve la demeure des parents de Sindri, Recouverte d’or; Dans Ókólnir il y a aussi autre demeure, La salle à bière du géant appelé Brimir. |
37. Nidavellir = Sombre vallée. Sindri = Ne devenant jamais froid. Il est un nain. Ókólnir est la place où les Dieux se rencontrent pour organiser une fête. |
| 38. Sal sá hon standa Sólo fiarri Náströndo á, norðr horfa dyrr; féllo eitrdropar inn um lióra, sá er undinn salur orma hryggjom. |
38. Une troisième je vois, que la lumière du soleil n’atteint pas, Dans Náströnd: les portes font face au nord, À travers ses prises d’air coulent des gouttes de venin, Des squelettes de serpents charpentent cette demeure. |
38. Náströnd = Rivage de l’Homme mort |
| 39. Sá hon þar vaða þunga strauma menn meinsvara oc morðvarga, oc þannz annars glepr eyrarúno; (et ceux autres faisant-choir la bien-aimée) þar saug Niðhöggr nái framgengna, sleit vargr vera - Vitoð ér enn, eða hvat? |
39. Là pataugent des hommes tourmentés par le flot épais, Faux témoins, monstres criminels, Ils ont abusé celles en qui on avait placé sa confiance, Nidhogg suce le sang du corps des morts, Le loup les dépèce Désirez-vous en savoir plus? |
39. “morðvarga = “loups criminels” ou monstres crimminels, où morð désigne qui a commis un crime particulièrement infamant (par exemple, tuer un ennemi sans défense, and vargr = loup, ou monstre.
Nidhogg = Amer mâcheur, est le dragon, ou le serpent qui vit dans Hel, la demeure des morts. Le mot “eyrarúna”, signifiant “bien-aimée” ou “hôtesse” est composé de eyra = oreille, et rúna = rune ou secret. La bien-aimée est donc celle dont l’oreille reçoit les secrets. Séduire une telle femme est non seulement un adultère mais surtout une trahison grave puisqu’on apprend à l’occasion les secrets de l’homme trahi. Cet aspect n’est pas rendu dans les traductions classiques, qui donnent “séducteurs des bien-aimées”. |
| 40. Austr sat hin aldna í Iárnviði oc fœddi þar Fenris kindir; (et nourrit ici Fenris parents) verðr af þeim öllom einna noccorr tungls tiúgari í trollz hami. |
40. A l’Est, une vieille femme est assise, dans la forêt de fer: Là est élevée la famille de Fenrir,µ Loups monstrueux, l’un de ceux ci, Finira par dévorer le soleil. |
40. Cette vieille femme doit être la géante qui a engendré avec Loki le loup Fenrir. |
| 41. Fylliz fiörvi Feigra manna, rýðr ragna siöt rauðum dreyra; svort verða sólscin of sumor eptir, veðr öll válynd - Vitoð ér enn, eða hvat? |
41. Il se goinfre de la chair des hommes promis à la mort, Il ensanglante le siège des Dieux; Le soleil brillera d’une couleur noire Pendant les prochains étés, Toutes les tempêtes seront affreuses. Désirez-vous en savoir plus? |
42. Eggthér = L’homme de garde l’épée.
Fjalarr = Observateur |
| 42. Sat þar á haugi Oc sló hörpo gýgiar hirðir, glaðr Eggþér; gól um hánom í gaglviði fagrrauðr hani, sá er Fialarr heitir. |
42. La sentinelle des géants, le joyeux Eggthér, Est assis sur son monticule et joue de la harpe; Le coq rouge, appelé Fjalarr, Hardiment depuis le bois de la Potence. |
|
| 43. Gól um ásom Gullinkambi, Sa vecr hölða At Herjaföðrs; enn annarr gelr fyr iörð neðan, sótrauðr hani, at sölom Heliar. |
43. Gullinkambi chante là où les Ases vivent, Il réveille les guerriers du Père des Armées: Un coq rouge comme la suie, appelle aussi Depuis la demeure de Hel, profondément sous terre. |
43. Gullinkambi = Crête d’or.
Hel est la demeure de ceux qui sont morts ailleurs qu’au combat. Hel est aussi le nom de la Déesse qui règne dans Hel. |
| 44. Geyr Garmr miöc fyr Gnipahelli, festr mun slitna, enn freki renna; fiölð veit hon frœða, fram sé ec lengra um ragna röc, römm, sigtýva. |
44. Garmr hurle furieusement devant Gnipahellir, Les liens éclateront, la bête courra: Je sais de nombreux charmes, loin dans le futur j’aperçois Le jugement des dieux qui donnent la victoire. |
44. Garmr = Chien, le nom d’un chien géant.
Gnipahellir = Roc ouvert, l’ouverture qui conduit à Hel. Le célèbre “ragna röc” écrit maintenant Ragnarok, et célébré par Wagner sous le nom de Crépuscule des Dieux, signifie exactement ragna = des Dieux, röc = jugement, avec une nuance de sagesse, comme nous l’avons vu dans les strophes 6, 9, 24, 25. Donc la traduction de ragna röc par “la destinée amère” qui est classique est aussi très trompeuse parce qu’elles sous-entend une révolte contre ce destin, alors que “le jugement” sous-entend une sorte d’acceptation de leur destin par les Dieux, ce qui est beaucoup plus conforme au comportement germanique antique face à son ørlög: dignité et acceptation. Ces chaînes qui explosent sont les chaînes magiques qui lient Fenrir. Le ragna röc débute quand Fenrir se libère de ses chaînes. |
| 45. Brœðr muno beriaz oc at bönum verðaz, muno systrungar sifiom spilla; hart er í heimi, hórdómr mikill, sceggöld, scálmöld, scildir ro klofnir, vindöld, vargöld, áðr verold steypiz; mun engi maðr öðrom þyrma. |
45. Le frère frappera frère et les deux chuteront, Les parents abuseront leur descendance; Le mal sera sur terre, une époque d’adultère, Epoque de la hache, époque de l’épée, De boucliers fendus, Une époque de vent, temps de loups, Jusqu’à ce que le monde s’effondre sur lui-même; Nul homme n’aura pitié d’un autre homme. |
|
| 46. Leica Míms synir, (Jouer de Mimir les fils) enn miötuðr kyndiz (encore la destiné s’enflamme) at ino gamla (à mais vieux) Giallarhorni; (du Gjallahorn) hátt blæss Heimdallr, horn er á lopti, mælir Óðinn við Míms höfuð; |
46. Les parents de Mimir peuvent bien gambader, Le destin fait rage comme un feu sous l’antique Gjallarhorn; Heimdal souffle bien haut dans son cor, Óðinn discute avec la tête de Mimir. |
46. Mimir = Penseur.
Je suppose que, ici, “Les parents de Mimir” désignent les Géants qui sont censés se réjouir à la venue du Ragnarok. Vieux ou antique qualifie Gjallarhorn et c’est à son signal que le destin commencera à flamber. Gjallarhorn ?=? Large Cor. Mes connaissances en Vieux Norois sont insuffisantes pour en être certain, mais je suggère que Gjallarhorn est une façon de dire Gallarhorn. Alors il voudrait dire “le cor du galdr”. Le galdr est un chant ou un hurlement magique associé à la magie nordique. Même si mon hypothèse est linguistiquement absurde, puisque Gjallarhorn est la corne qui appelle le ragna röc, il souffle certainement un son magique. |
| 47. Scelfr Yggdrasils ascr standandi, ymr iþ aldna tré, enn iötunn losnar; hræðaz allir á helvegom, áðr Surtar þann sefi of gleypir. |
47. Yggdasil tremble, le grand frêne, gémit le vieux tronc; Le géant s’est libéré, tout tremble sur le chemin de Hel, Avant qu’il soit avalé par le parent de Surt. |
47. Le géant est le loup Fenrir.
Surt ?=? Noir. Le parent de Surt est le feu. “il” est ici Yggdrasil qui sera avalé (= dévoré) par le parent de Surt (= les flammes). Ceci constitue une image scaldique classique. |
| 48. Hvat er með ásom, hvat er með álfom? gnýr allr iötunheimr, æsir ro á þingi; stynia dvergar fyr steindurom, veggbergs vísir - Vitoð ér enn, eða hvat? |
48. Qu’en est-il des Ases? Qu’en est-il des elfes? Jötunheimr gémit, les Ases sont en conseil Les nains grognent devant leurs portes de pierre, Maîtres des falaises. Désirez-vous en savoir plus? |
48. Les elfes sont une autre sorte de créatures divines dont nous ne connaissons en fait pas grand chose.
Iötunheimr est la demeure (= heimr) du iötun (=Géant). |
| 49 = 44. | ||
| 50. Hrymr ecr austan, hefiz lind fyrir, snýz iörmungandr í iötunmóði; ormr knýr unnir, enn ari hlaccar, slítr nái neffölr, Naglfar losnar. |
50. De l’Est Hrym arrive, levant bien haut son bouclier; Jórmungandr se tord de rage Pris par la frénésie des géants. Le grand ver fouette les vagues Niðfölr, l’aigle au bec pâle, picore les morts, Le bateau Naglfari est libre. |
50. Hrym ?=? fragile, un géant.
Jórmungandr est le serpent qui entoure Midgard. L’Edda fait souvent référence au fait qu’un guerrier est saisi de frénésie. Þórr dans bataille est souvent saisi de la “frénésie des Ases”. Dans la mythologie celtique, Cuchulain est soumis au même phénomène. Il est classique de dire que le loup, le corbeau, ou l’aigle se goinfrent des cadavres des guerriers morts. Niðfölr ?=? Jaune-gris, Naglfari = Bateau de l’ongle, est un bateau géant fait des ongles des morts. |
| 51. Kjóll ferr austan, koma muno Muspellz um lög lýðir, enn Loki stýrir; fara fífls megir með freca allir, þeim er bróðir Býleiptz í for. |
51. Le bateau navigue depuis l’est, à sa barre Loki Avec les enfants de Muspell, Progéniture de monstres, alliés du loup, Tout ceux qui suivent le frère de Býleistr. |
51. Muspell est ce qui symbolise le feu dans les géants, et les enfants de Muspell désigne les géants du feu.
Býleistr = le frère de Loki. |
| 52. Surtr ferr sunnan með sviga lævi, scínn af sverði sól valtíva; griótbjörg gnata, enn gífr rata, troða halir helveg, enn himinn klofnar. |
52. Surtr arrive du Sud avec le malheur des branches L’épée de Hel produit le soleil, Les rochers s’écroulent, les monstres bougent, Les hommes marchent sur la route de Hel, Les cieux se fendent en deux. |
52. Surtr = nom du Géant principal du feu. Il y a en Islande un ensemble de cavernes volcaniques appelé Surtshellir, les cavernes de Surt, ce qui suggère que les Géants du feu pourraient bien être liés aux volcans.
Le malheur des branches = le feu. |
| 53. Þá kømr Hlínar harmr annarr fram, er Óðinn ferr við úlf vega, enn bani Belia biartr, at Surti; þá mun Friggiar falla angan. |
53. Un malheur de plus fond sur Hlin Quand Óðinn s’avance pour combattre le loup; Le brillant tueur de Beli combat Surtr; Maintenant tombe le bien-aimé de Frigg. |
53. Hlin est un autre nom de la femme d’Óðinn, Frigg. Le premier malheur de Frigg est la mort de son fils Baldr, et le nouveau malheur évoqué ici est la mort de son mari, Óðinn.
Beli = Meuglant, un géant qui a été tué par Freyr avec un bois de cerf. Donc le brillant tueur de Beli est Freyr. Le bien-aimé de Frigg est Óðinn. |
| 54 = 44. | ||
| 55. Þá kømr inn micli mögr Sigföður, Víðarr, vega At valdýri; Lætr hann megi Hveðrungs Mund um standa Hiör til hiarta, Þá er hefnt föður. |
55. Maintenance arrive le vaillant fils de Sigfödr, Vidarr, pour tuer le charognard, Il plonge son épée dans le cœur du fils de Hvedrung, D’un coup, vengeant son père. |
55. Sigföðr = “De la victoire le père”, c.-à-d., Óðinn. Celui-ci est désigné par un grand nombre de noms différents qui correspondent au grand nombre de façons dont il manifeste son pouvoir. Nous verrons encore beaucoup d’autres noms d’Óðinn.
Le charognard est ici un loup, c.-à-d., Fenrir qui a tué Óðinn en 53. Vidarr tue Fenrir dans cette strophe. Hveðrung = Écumant, est un autre nom de Loki. Le loup Fenrir qui tue Óðinn dans la strophe 53 est le fils de Loki. |
| 55′. Gínn lopt yfir (machoires-ouvertes dans l’air en haut) lindi iarðar, (ceinture du monde) gapa ýgs kiaptar (béent effrayantes les machoires) orms í hæðom; (du ver dans les hauteurs) mun Óðins sonr (il va d’Odin le fils) eitri mœta (le poison rencontrer) vargs at dauða (du monstre à la mort) Víðars niðja. (de Vidar la famille) |
55 ‘. Gueule ouverte dans l’air, La ceinture du monde, Le ver des hauteurs Ecarte ses effrayantes mâchoires. Le fils d’Óðinn rencontrera le poison, Il tuera le monstre. |
55′. Cette strophe a été déchiffrée tardivement c’est pourquoi elle est appelée 55 ‘. Puisque je ne suis pas un spécialiste du Vieux Norois, j’en ai fourni une traduction approximative, et Eysteinn Bjornsson (merci Eysteinn !) a corrigé quelques-unes de mes fautes. La version ci-contre est donc avalisée par un spécialiste.
La ceinture du monde désigne le serpent qui entoure le monde, Jórmungandr. Puisque Þórr tuera Jórmungandr au ragna röc, le fils d’Óðinn est ici Þórr. L’expression “la mort de la famille de Vidar” désigne le ragna röc: Les Dieux sont la famille de Vidar. |
| 56. Þá kømr inn mœri mögr Hlöðyniar, gengr Óðins sonr við orm úlf vega, (pour ver loup combattre) drepr hann af móði (frappe il dessus avec rage) Miðgarðz véor, (de Midgard le “véor”) Muno halir allir heimstöð ryðia, gengr fet nío Fiörgyniar burr neppr frá naðri níðs óqvíðnom. |
56. Maintenant arrive le fils de Hlódyn, Arrive le fils d’Óðinn, Le plus violent des guerriers Pour combattre le serpent; Il meurtrit dans sa rage le “veor” de Midgard, Les hommes fuient leurs fermes; Le fils de Fjörgyn recule de neuf pas S’enfuit devant le ver sans peur de l’humiliation. |
56. Hlóðyn = Tempêtueuse, la terre, la mère du Dieu Þórr. Óðinn est le père de Þórr.
Fjörgyn = Terre. Les mots serpent et ver tous deux désignent un dragon qui doit être Jórmungandr, finalement tué par Þórr. Nous ne savons pas ce qu’est un “véor”. Si cela qualifie Jórmungandr, alors quelque chose comme “ceinture” pourrait être possible. Dans cette seule strophe Þórr est appelé par trois noms différents. |
| 57. Sól tér sortna, sígr fold í mar, hverfa af himni heiðar stjörnor; geisar eimi við aldrnara, leicr hár hiti við himin siálfan. |
57. La terre s’enfonce dans la mer, Le soleil tourne au noir, Les brillantes étoiles sont secouées dans le ciel, Les fumées ragent, les flammes grondent, Le ciel est ravagé par le feu. |
|
| 58 = 44. | ||
| 59. Sér hon upp koma öðro sinni iörð ór ægi iðiagrœna; falla fossar, flýgr örn yfir, sá er á fialli fisca veiðir. |
59. Elle voit la terre sortant une deuxième fois Hors de l’écume, belle et verte; Courent les cascades, et au-dessus d’elles, haut dans les montagnes, vole l’aigle chassant le poisson. |
59. “elle” désigne la völva. |
| 60. Finnaz æsir á Iðavelli og um moldþinur mátcan, dœma oc minnaz þar á megindóma oc á Fimbultýs fornar rúnar. |
60. À Ídavöllr les Ases se rencontrent: Ils parlent du puissant ver de Midgard, Ils se souviennent d’événements anciens, Et des anciennes runes de Fimbultýr. |
60. Comme je l’ai déjà a dit en 7, Íðavöllr est une vallée où les Ases rencontrent.
Le ver de Midgard est le serpent Jórmungandr qui entoure Midgard. Fimbultýr = Dieu Suprême. Un autre poème dit que les runes ont été créées par les “Puissances” et gravées par Óðinn. Puisqu’il est celui qui a acquis le pouvoir magique des runes, le Dieu Suprême doit être ici Óðinn. |
| 61. Þar muno eptir undrsamligar Gullnar töflor í grasi finnaz, þærs í árdaga áttar höfðo. |
61. De merveilleux trésors d’or seront encore trouvés dans l’herbe verte, Des trésors autrefois possédés. |
|
| 62. Muno ósánir Acrar vaxa, böls mun allz batna, Baldr mun koma; búa þeir Höðr oc Baldr Hroptz sigtóptir, Vel valtívar - Vitoð ér enn, eða hvat? |
62. Des champs sans semence porteront récolte, Le mal sera réparé, Baldr reviendra; Baldr et Hödr logeront dans la salle de la victoire de Hropt, Seigneur de la demeure des guerriers morts. Désirez-vous en savoir plus? |
62. Comme nous l’avons dit, Hroptr est un autre nom d’Óðinn dont la demeure, Valhöll, rassemble les guerriers morts au combat. |
| 63. Þá kná Hœnir (Après connaît Hœnir) hlautvið kiósa (bois-destin choisir) oc byrir byggja brœðra tveggja vindheim víðan - Vitoð ér enn, eða hvat? |
63. Hœnir sait comment choisir la baguette de destin, Et les fils de deux frères ont installé leur demeure dans la grande salle des vents. Désirez-vous en savoir plus? |
63. Hœnir est un des douze Ases. Il jouent un rôle symétrique à celui de Njörð dans la fin de la guerre entre les Ases et les Vanes: il a été donné en otage au Vanes par les Ases.
Les magiciens nordiques utilisent souvent une baguette, et beaucoup d’opérations magiques sont exécutées en gravant des runes sur un bâton de bois. Les deux frères peuvent être Baldr et Hödr. Une chose est sûre: ces vers disent que l’humanité future aura son habitation dans la demeure des vents, le ciel. |
| 64. Sal sér hon standa, sólo fegra, gulli þacþanµ á Gimlé; þar scolo dyggvar dróttir byggja oc um aldrdaga ynðis nióta. |
64. Elle voit une demeure, plus brillante que lumière du soleil, au toit de chaume d’or dans Gimlé: Ici, à jamais, demeurera dans la joie la troupe des fidèles. |
64. Gimlé =Protégé du feu. Un autre texte dit que Gimlé se trouve dans le ciel.
La seconde moitié de cette strophe et la strophe 65 sentent fortement le christianisme et sont souvent vues comme des adjonctions tardives. |
| 65. Þá kømr inn ríki at regindómi, öflugr, ofan, sá er öllo ræðr. |
65. Maintenant chevauche vers le bas, pour le dernier règlement, le magnifique, le puissant, le Souverain. | 65. Ce tout-puissant souverain est le Christ si la strophe est d’origine chrétienne, mais il peut être aussi Fimbultýr, rencontré dans la strophe 60. |
| 66. Þar kømr inn dimmi dreki fliúgandi, naðr fránn, neðan frá Niðafiöllom; berr sér í fiöðrom - flýgr völl yfir - Niðhöggr, nái - Nú mun hon søcqvaz. |
66. Arrive en volant un dragon sombre, serpent brillant, venant d’en bas depuis Nidafjöll, Il porte sur ses plumes – planant sur la plaine – des cadavres, Nidhöggr. Maintenant elle va se faire rare. |
66. Nidafjöll = Montagne sombre où les cadavres sont entreposés.
Nidhöggr = Celui qui frappe férocement, est le dragon qui demeure dans Hel. “Elle” est encore la völva qui a fini et va s’en aller. |
Par Yves Kodratoff:
http://www.nordic-life.org/nmh/voluspafr.htm
Références
De Vries “Altnordisches etymologisches Wörterbuch” Leiden 1961.
Snorri Sturluson, Edda, Prologue and Gylfaginning, édité par A. Faulkes, Clarendon Press, Oxford 1982. Présente une version en Vieux Norois du texte, avec des commentaires et un lexique.
Snorri Sturluson, L’Edda, traduction F. X. Dillmann, Gallimard, 1991 contient un grand nombre d’explications passionnantes.
Edda:
The Poetic Edda, Carolyne Larrington Translation, 1996, Oxford University Press
Norse Poems, W. H. Auden & P. B. Taylor, Faber and Faber, London 1986.
Hans Kuhn, Edda, Codex Regius, Vol. I. Texts; Vol. II. Court dictionnaire, Carl Winter, Heidelberg 1962.
L’Edda poétique, R. Boyer, Fayard, Paris 1992.
Die Edda, F. Genzmer, Eugen Diederichs, München 1992.