Ma définition du paganisme
27/05/2008
La paganisme est une philosophie religieuse et mystique qui vit au rythme de la nature en fêtant les saisons, les pleine lune, les récoltes.
Le paganisme rappelle souvent ce que les occidentaux ont appelé les religions polythéistes, religions qui sont pourtant bien au-delà de ces clivages (mono/polythéiste) simplifiant la réalité divine. On y retrouve souvent le couple Déesse et Dieu cornu (comme dans la Wicca) tous deux faisant partie du tout qui nous entoure et dont nous faisons partie également. Leurs noms diffèrent selon les sensibilités de chacun : Cernunnos, Aradia, Diane, Mercure, Zeus… Les Dieux divers des panthéons mythologiques représentent un aspect de la divinité masculine ou féminine.
Personnellement je crois en une Déesse Source suprême, et en plusieurs Dieux du sol gaulois où je vis. Ces dieux ont pour noms: Rosmerta, Lugos, Taranis, Nantosuelta, les Matres etc. Ils sont le reflet multiple d’une seule réalité fondamentale, la Déesse Mère. Un dans la multiplicité, ni monothéiste ni polythéiste.
La Wicca dianique par exemple renvoie à une Déesse source incluant l’aspect masculin, c’est assez proche de ce que les anciennes religions païennes pré-chrétiennes nommaient l’Innommé, l’Incréé, ou que tout simplement on ne nommait pas. Pour beaucoup –comme dans le Judaïsme- la divinité suprême était trop complexe pour être appréhendée par le cerveau humain. En parler ou lui donner un nom constituait un sacrilège. De fait, les religions païennes pratiquées par le peuple ont peut-être préféré s’adresser à des aspects de cette Source Incréée, plus proches des hommes. Ces divinités étant des Energies à part entière, et pas une sous-catégorie de Dieux, tout en soi porte une partie du Tout…
Le paganisme est un terme peu valorisant à la base puisqu’il nous a été donné par les Chrétiens lors de leurs campagnes d’éradication des anciennes religions. Il fait référence à ce qui n’est pas chrétien. C’est un mot péjoratif. L’encyclopédie Wikipédia nous donne une définition très intéressante :
“Avant l’an 392, le paganisme était la forme de religion la plus courante dans l’Europe occidentale. En 392, l’empereur Théodose Ier l’interdit et le Christianisme devint la religion officielle.
Les chrétiens de la partie occidentale de l’Empire romain ont appelé “païens”, en latin pagani tous ceux qui, en dehors des juifs, pratiquaient un autre culte que le leur. Paganus signifie “qui est du pagus“, c’est-à -dire du canton, du “pays”(ce dernier mot vient de pagus). Comme paganus peut signifier plus particulièrement, par synecdoque, “paysan”, on a longtemps cru que “païen” voulait dire “paysan”, “campagnard” et que son emploi se référait au fait que les gens des campagnes, à cause de leur isolement et de leur rusticité, étaient restés tardivement attachés aux anciens cultes.
En réalité, le mot “païen”est employé assez tôt en ce sens (dès Tertullien, au IIe siècle), alors que la majorité des citadins avaient encore des cultes païens, eux aussi. D’ailleurs, le paganisme est resté longtemps bien ancré dans les villes et répandu dans les élites intellectuelles. C’est le cas de Rome en particulier, dont le Sénat était encore à majorité païenne sous Théodose Ier. Ce n’est donc pas au sens de “paysan” que paganus a été utilisé dans le domaine religieux.
Aujourd’hui, on considère plutôt que le “païen”était “l’homme du pays”, l’indigène, qui conservait les usages locaux, par contraste avec les habitants venus d’autres parties de l’empire. D’ailleurs, jusqu’à une époque assez tardive, une bonne partie du clergé dans les régions occidentales est d’origine orientale, Grecs, Syriens, Égyptiens, etc.
Ces chrétiens désignèrent alors comme “paganisme”toutes les religions connues autres que la leur, que pratiquaient les “païens”. L’étymologie du mot montre l’intention péjorative comme les mots mécréant, infidèle ou kafir pour les musulmans. Seuls les juifs hébraïques, qui partageaient le même Dieu, gardaient une identité distincte.
Il ne faut pas confondre le paganisme avec l’athéisme. Les païens ont un sens du mystique et du sacré étranger aux athées.
Dans le cadre de la mondialisation, les mouvements néo-païens modernes ont fait leur jonction en 1998 avec les autres religions polythéistes, au sein de la WCER (congrès mondial des religions ethniques), et espèrent être reconnus.”
Le dernier paragraphe étant un point de vue de non-païen, les religions représentées au WCER ne sont pas toutes polythéistes. Vous pouvez aller voir le site du Congrès : http://www.wcer.org/.
Le Sacré donne sa magie à chaque pratique que ce soit pour fêter les 4 fêtes celtiques ou pour accueillir une nouvelle saison actuelle. La Sacré n’est pas dissocié des activités du quotidien, les Dieux sont là , toujours.
Pour les païens il n’y pas de paradis ou d’enfer. A la mort le corps se réincarne et continue son chemin initiatique afin de faire évoluer son esprit.
Chacun suit le chemin qui lui correspond, agit de la manière qui lui plaît, pourvu qu’il ne fasse de mal à personne, ceci implique que nous pratiquions la magie dite blanche. Cette notion est complexe car subjective et en tant que païen nous n’avons pas toujours assez d’une vie pour en saisir les subtilités. C’est peut-être la véritable quête humaine, en somme.
Le paganisme n’a pas de Diable dans son panthéon. Nous sommes tous à la fois bons et mauvais, négatifs et positifs, blancs et noirs dans notre âme. Les divinités aussi ont un côté sombre. Au lieu de rejeter cette partie obscure nous essayons de la connaître, de l’apprivoiser et de la maîtriser. Vaste entreprise…
Cependant nous ne pratiquons pas de magie dite noire (par commodité de vocabulaire). En effet nous considérons que les énergies projetées nous reviennent qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Les énergies se diffusent dans l’univers, dans notre monde et tous les autres, affectant par leur nature les êtres qui y séjournent. La magie négative nous fait du mal à tous, y compris à ceux que nous aimons.
Cette religion et art de vivre peut prendre divers visages dont celui que vous découvrirez au fil de ces pages. Le paganisme peut être nordique, celte, amérindien, grec, wiccan… Sans qu’aucune de ces sensibilités ne soit plus “vraie”qu’une autre.
Je vous laisse le soin de vous faire votre opinion avec vos lectures et votre sens critique. Ce qui m’intéresse est plus d’ordre spirituel que polémique.
Je considère que chacun peut choisir sa voie comme il l’entend.
Selon le paganisme, chaque religion, est un chemin différent pour aller au même endroit. Nous reconnaissons la légitimité de toutes les religions à partir du moment où leur démarche est sincère et constructive.
Je ne partage pas avec beaucoup de mes congénères païens la haine des chrétiens. Les tortures et les crimes perpétués par l’inquisition sont des actes barbares sans nom mais je pense qu’il y a eu d’autres génocides terribles. On ne peut décemment pas lutter contre tous ceux qui tuent nos semblables sans tomber soi-même dans la haine et devenir comme ceux que l’on combat. L’Eglise a fait beaucoup de mal et continue d’en faire mais le chrétien, lui, peut être sincère, et qui est-on pour juger du choix spirituel des gens ? J’ai connu des chrétiens plus païens que certains païens…
Enfin, le païen est écologiste dans l’âme et agit de son mieux pour protéger la planète. Il trie ses déchets, essaie d’économiser l’eau, respecte la vie dans son ensemble (on ne tue que pour se défendre et se nourrir) etc.
Si le paganisme touche l’occultisme de près, il n’en reste pas moins ancré dans la réalité quotidienne, et c’est même la condition sine qua non à l’épanouissement de ceux qui choisissent cette route.
