La vieille

Comme chaque passage d’une période à une autre, la femme devient vieille grâce à un événement physiologique : la ménopause qui débute lors de la péri-ménopause (les changements ayant besoin de temps pour se mettre en place).

Les solutions actuelles pour « aider » les femmes sont toujours chimiques et masquent une fois de plus le processus au lieu de les soutenir pour le vivre. Ainsi les médecins prescrivent aux femmes un cocktail d’œstrogène et de progestérone qui trompe le corps. De plus, ces hormones ne sont pas sans effets secondaires et peuvent favoriser divers cancers, dont le cancer du sein.

Souvent la ménopause est vécue comme une mise à l’écart, un état de fin de la féminité. Pourtant, si la féminité est assimilée à la fertilité, la femme demeure éminemment féminine lorsque son corps a terminé son oeuvre de mère pour devenir une femme plus sage et plus vieille.

Certes, à bien y regarder, les femmes sages ménopausées ne semblent pas être légion tant certaines refusent leur statut et le confondent avec l’étape Jeune fille ou une prolongation de l’étape Mère. Il est vrai qu’une mère est mère à vie, mais l’enfant ne demande plus le même investissement à l’âge adulte. Une fois les enfants grands, la mère devrait pouvoir demeurer une référence, une aide, un soutien, mais n’être là que lorsqu’on a besoin d’elle. Une mère oiseau sait pousser ses petits hors du nid pour voler, la chatte refuse de nourrir ses petits lorsqu’ils peuvent le faire seuls. Toutes les mères de la création n’ont normalement qu’un but : rendre leurs enfants autonomes pour assurer leur survie.

Lorsque la mère devient la vieille, elle doit être libre de ses obligations de mère mais elle demeure disponible. Cette image de la mère est très parlante : une mère arrondie son bras pour bercer et allaiter son bébé, puis lorsqu’il grandit, le bras s’ouvre jusqu’à le laisser partir vers sa route, mais la main reste toujours tendue en cas de besoin. N’est-ce pas l’image de la Déesse ?

Plus le temps passe et plus je me demande si la ménopause n’est pas une sorte de récompense de la femme, sa pause sacrée, le remerciement de la Nature pour avoir donné tant pendant la phase Mère… La jeune fille se prépare à être mère, la mère est au cÅ“ur de sa vie et de ses attributions et la Vieille… se re-pause, oups, se repose…

Il est tellement dommage de voir que les femmes d’aujourd’hui s’accrochent à la phase mère, voire à la phase jeune fille, sans en vivre pleinement les bienfaits. La Vieille femme est censée être celle qui sait, celle qui a vécu les souffrances et les bonheurs, les réussites et les échecs. Elle n’a jamais été plus proche de la Déesse en son ensemble, je pense…

La ménopause n’est pas une fin, c’est une renaissance à soi. La femme n’a plus à tenir de rôle, elle n’est plus responsable de personne d’autre que d’elle-même. Le corps subit un bouleversement égal en intensité à l’adolescence et à la grossesse. Mais la femme, ayant souvent vécu tous ces changements, peut avec du recul et du lâcher-prise, accepter ces modifications qui la font entrer dans une nouvelle ère de sa féminité. L’énergie déployée peut être transformée et utilisée pour adapter la vie quotidienne à cette nouvelle femme en pleine transformation.

Cependant, nous n’avons pas toutes les mêmes capacités d’adaptation et il peut être effrayant de se retrouver en terrain inconnu. Subir les bouffées de chaleur, les règles inopinées, la sécheresse vaginale, les humeurs changeantes, la tristesse, les pertes de mémoire et se sentir déconnectée de ses propres rythmes peut s’avérer devenir une véritable source de désorientation.

Mais il faut garder à l’esprit que ces symptômes ne durent pas, ils sont liés au passage que représente la ménopause, pas au reste des années qu’il nous reste à vivre !

On dit qu’à l’époque du matriarcat, les femmes qui détenaient le pouvoir mystique de saigner sans mourir étaient hautement respectées. Les femmes ménopausées étaient encore plus vénérées. En effet, on pensait qu’elles étaient capables de retenir leur sang, sang qui contient leur pouvoir et leur force. Elles pouvaient ainsi être plus disponibles pour elles-mêmes et pour les autres, car plus rien de physiologique ne venait amenuiser leur énergie. Ce sang qui n’était plus perdu leur donnait sagesse et intense spiritualité. En somme, on peut dire qu’elles étaient plus proches du Divin.

« Durant la périménopause, le soulèvement du « voile hormonal » – c’est à dire la modification du cycle mensuel des hormones reproductrices qui nous incite à nous occuper des autres- peut être à la fois libérateur et déstabilisant. Les statistiques sur le nombre de séparations, divorces et changements de carrière au mitan de la vie viennent confirmer cette réalité… A l’orée de la quarantaine, les femmes s’éloignent peu à peu de leur famille et s’intéressent davantage au monde extérieur – lequel peut se transformer tout à coup en immense ressource attirante et encore inexplorée, un lieu favorisant l’expression de la créativité et l’estime de soi. La femme se trouve à un carrefour, déchirée de devoir choisir entre l’ancienne voie, qu’elle a toujours suivie, et la nouvelle, à laquelle elle commence à peine à rêver…

Dans la quarantaine, nous disposons de plus d’énergie psychique qu’à n’importe quelle autre période depuis l’adolescence. Si nous nous efforçons de travailler de concert avec cette énergie organique en demeurant fermement convaincues qu’elle nous aidera à découvrir certaines croyances inconscientes et autodestructrices qui ont fait obstacle à notre épanouissement jusque-là, alors nous découvrirons que nous avons accès à tout ce dont nous avons besoin pour faire peau neuve, être en meilleure santé et trouver un nouveau souffle afin d’entreprendre la seconde moitié de notre existence dans la joie… L’endroit où nous nous sommes arrêtées à l’adolescence sera notre point de départ à la ménopause, il est temps maintenant de finir le travail. C’est la combinaison particulière des taux d’hormones de la chimie préexistante du cerveau d’une femme et de sa situation personnelle qui produit ses symptômes ». Dr Christiane Northrup

De fait, c’est peut-être une occasion de guérir des anciennes blessures, d’accepter certains états de faits, certains relationnels, comme ne pouvant être changés. La ménopause étant un état de transition, comme tous les passages, le bilan peut être très intéressant à faire. Une fois le passé réglé, il est plus simple de ne plus le traîner comme un boulet et de passer à ce que nous réserve le futur.

La ménopause comme les menstruations, n’est pas une malédiction, c’est une bénédiction !

Il existe des méthodes substitutives (soja, graines de lin, bioflavonoïdes, acupuncture, etc.) pour aider le corps et l’esprit à gérer les désagréments de la ménopause, mais il faut d’abord renoncer à l’idée que ce sera forcément radical, simple et égal pour toutes les femmes.